Faire du Business ou de l’Humanitaire… là est la question ! (partie 1)

Et si la « bonne » business attitude consistait à diriger son entreprise comme on gère une organisation caritative ? Vous trouvez le raccourci un peu rapide ? Audacieux ? Décalé ? A vous de voir… Pour moi, c’est tout vu !

Voici quelques mois, un ami chef d’entreprise m’a fait une remarque qui m’a fortement interpelé. Connaissant mon penchant pour un business humain et juste, il me fait cette déclaration qui résonne encore en moi et qui résonnera longtemps :

« Olivier, le fait est que tu gères davantage ton entreprise comme une mission humanitaire que comme un business »… La messe était dite ! Mais ce qui, pour lui, relevait plutôt d’une critique négative fut pour moi un véritable compliment !

Car comme je l’explique sur mon site www.olivier-oullie.fr : « Je crois en l’Humain avant tout : je crois en un business raisonné, intelligent et solidaire… et c’est ce message que je veux transmettre à travers toutes mes actions au sein de ma société FAIRBIZ (For An Intelligent Rising Business)» Vous l’aurez compris, je suis donc beaucoup plus orienté humain que chiffres, valeurs que statistiques. C’est pourquoi comparer ma manière de voir les affaires à de l’humanitaire ne pouvait que me séduire !

Que ça me plaise est une chose, mais que ce soit une voie à suivre en est peut-être une autre. Alors allons explorer d’un peu plus près ces deux modèles et voir s’ils sont finalement si éloignés l’un de l’autre et si les sociétés commerciales n’auraient pas à gagner à regarder du côté de la « pensée caritative ».

C’est l’intention qui compte !

Chaque jour et depuis des années, de nombreuses entreprises multiplient les partenariats et les actions avec le monde caritatif. Certaines parce qu’elles se retrouvent dans les valeurs de l’organisation supportée, d’autres par simple besoin de redorer leur image. Pour les Anglo-saxons, et en particulier les Américains, la chose est plus… naturelle ou plutôt, culturelle : ils estiment qu’ils doivent redonner à la Société quand ils réussissent… voilà pourquoi mécénat et fundraising sont chez eux très développés. On ne peut qu’applaudir toutes ces façons de procéder puisqu’elles ont un impact bénéfique sur des populations en difficulté. Mais à ce stade, on ne peut pas encore parler de gérer son entreprise comme une mission humanitaire. D’ailleurs, est-ce l’objectif de l’Entreprise ?

En fait, dès que l’on remplace le terme « objectif » par « but », le débat tourne court : l’entreprise a un but lucratif et l’organisation caritative, un but non lucratif. Et c’est là le grand écart entre les deux systèmes. La finalité de l’entreprise privée est de réaliser des profits pour assurer sa pérennité. Pour cela, elle a besoin de satisfaire son destinataire, qui est le client. L’intention est donc l’enrichissement de la structure et son moyen, la satisfaction client. La finalité de l’organisation caritative est quant à elle d’abord de satisfaire les besoins de son destinataire final. Et pour cela, elle a besoin de ressources financières. Le destinataire est par conséquent au centre, au cœur, à la racine de l’intention, et l’enrichissement de la structure le moyen de réaliser cette intention. La différence devient alors capitale, fondamentale et même vitale, car toutes les décisions et actions vont découler de la raison même d’exister.

Boussole - Faire du Business ou de l'humanitaire, là est la question- Olivier Oullié

Constat apparemment implacable, certes… Alors quel serait l’intérêt pour une entreprise lucrative de s’inspirer du modèle caritatif, ne serait-ce que sur le plan philosophique ? Pourquoi focaliserait-elle son intention sur le destinataire plutôt que sur le profit ?

Vous avez dit bizarre ?

Pour cela il faut prendre en compte l’une des carences les plus importantes de notre société actuelle : le manque de considération. D’après les études (citer les références de l’étude), 75% des ressentis négatifs des clients n’ont qu’un lointain rapport avec les produits. Seuls les manques de considération ou d’attention sont en cause. Nul besoin de pousser l’analyse plus loin : on peut déjà aisément y voir là les conséquences d’une politique axée davantage sur le bénéfice de l’entreprise que sur l’intérêt client. Et quand on sait qu’il est justement moins coûteux pour l’entreprise de fidéliser ses clients que d’en conquérir de nouveaux, porter plus d’attention à ses résultats chiffrés qu’à ses acheteurs relève alors carrément de l’erreur stratégique ! Étonnant, non ?

Et ce n’est là que la partie visible de l’iceberg. Car vous vous en doutez, la richesse d’une entreprise est loin de ne reposer que sur ses seuls clients. Il est fort heureusement de plus en plus répandu aujourd’hui que la force numéro un de l’entreprise s’appelle… le salarié. Et si le salarié est épanoui au travail, il traitera bien les clients, qui par conséquent achèteront, seront fidèles, en parleront en bien, etc. CQFD ! Pas besoin d’avoir fait de grandes études pour en déduire que le salut de l’entreprise repose donc en priorité sur ses forces internes. Vu comme ça, on comprend aisément que c’est une hérésie de faire passer le tableau de reporting avant le bonheur de la ressource la plus précieuse de l’entreprise : l’humain.

Salariés heureux - Faire du Business ou de l'humanitaire, là est la question- Olivier Oullié

Ce qui nous amène directement à la question existentielle que tout manager normalement constitué va alors se poser : « Comment faire pour avoir des salariés investis, fidèles, dévoués – et allez, soyons fous ! – heureux ? » Dans ce registre, le modèle caritatif aurait-il encore des enseignements à nous apporter sur ce point ? Et bien… oui !!! Car par « modèle caritatif », on entend une manière de gérer son entreprise, un état d’esprit, une philosophie, en ayant intégré le fait que l’argent n’est pas « la » finalité et qu’il n’a pas réponse à tout. Les associations, les ONG et plus largement les communautés arrivent sans difficulté à réaliser le rêve de notre manager : avoir de quelques individus à une armée d’hommes et de femmes totalement dévoués à l’Organisation. Tout ça repose sur un seul fait : leur fierté d’appartenir à cette organisation.

Alors comment donc transformer l’Entreprise en Organisation pour retrouver la bonne business attitude ? La réponse dans notre prochain article !

2018-11-12T16:36:42+00:0012 novembre 2018|